Histoire de Notre-Dame des Aydes

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1869 : fondation par le Chanoine Millet

L'établissement Notre-Dame des Aydes comporte un passé historique ancré dans le contexte religieux blésois, qui s'étend du XIXème au XXIème  siècle. Le collège fut fondé officiellement par le Chanoine Paul Millet le 1er mai 1869, après deux ans de recherche et d'aménagement d'un lieu destiné à recevoir les élèves ne désirant pas forcément s'engager dans le sacerdoce. 

L'annexe, Victor Dillard, fut rattachée dans le dernier quart du XXème siècle, dans le but d'accueillir d'abord les classes primaires, puis les 6ème et 5ème, favorisant ainsi le développement des classes de lycée dans le bâtiment Christophe Lebreton de Notre-Dame, dont la construction est récente (2005-2006).

Le chanoine Millet devant la statue de Notre-Dame des Aydes 

A Blois, au milieu du XIXe siècle, les enfants dont les parents souhaitaient une éducation chrétienne, commençaient leurs études au Petit Séminaire Saint-Louis sous la direction de l’Abbé Le Chevalier. Mais les classes n’allaient pas au-delà de la sixième.

Parallèlement, le Petit Séminaire Saint-François, sis à l’ancien couvent des Minimes, l’actuelle Ecole de Musique et des Beaux-arts, accueillait des élèves dans le but de former de futurs ecclésiastiques. Mais les écoliers de Saint-Louis ne désirant pas s’engager dans la vie religieuse ne pouvaient s’inscrire au Séminaire Saint-Louis d’ailleurs trop petit pour les accueillir et sans extension possible au grand regret de son supérieur, le Chanoine Paul Millet (mort en 1900).

Le collège le plus proche était celui de Pontlevoy, situé tout de même à 25 kilomètres au sud de Blois. C’était un problème pour des parents, ce dont avait parfaitement conscience l’Abbé Le Chevalier qui fit cette réflexion à une famille : « Si M. Millet pouvait recevoir vos enfants, ils suivraient les classes de Saint-François et resteraient entre nos mains. » (Mgr P. Verrier)

Une longue maturation

En effet, l’Abbé se demandait où installer les nouveaux élèves et comment subvenir aux dépenses d’un nouvel établissement ? Une ancienne opposition sur un autre sujet ne ressurgirait-elle pas ? L’administration diocésaine consentirait-elle à affecter au nouveau collège des prêtres dont on avait besoin dans les nombreuses paroisses déficitaires ? Un supérieur, chargé de l’éducation des futurs clercs, saurait-t-il préparer les jeunes gens aux carrières libérales ?
Millet doutait d’être l’homme d’une telle tâche : il était timide et impressionnable. Ces questions le préoccupaient jusqu’au jour où une opportunité se présenta. A l’occasion d’une distribution de prix en 1888, Monsieur l’Abbé Orain rappela à l’auditoire le moment où, vingt ans auparavant, la solution fut trouvée :

« En face du Séminaire Saint-François se trouvait une maison dont l’Evêché venait de faire tout récemment l’acquisition. Ne pouvait-on pas, tandis que les élèves ecclésiastiques de Saint-Louis entreraient à Saint-François, recevoir les autres enfants dans cette maison, leur faire suivre les classes du séminaire, tout en leur réservant des cours de jeux distinctes, des salles d’étude, des réfectoires, des dortoirs, et les maintenant de la sorte dans la poursuite d’une carrière différente ?
Ce moyen de sortir d’une difficulté dont on ne voyait pas la solution, sembla à M. l’abbé Millet d’une apparition si opportune qu’il crut devoir s’en ouvrir autour de lui. » (Mgr P. Verrier)

Un collège pour les jeunes blésois

La première personne à laquelle l’abbé Millet se confia fut son directeur et conseiller spirituel, le Révérend Père Fessard. Le religieux apprécia la position centrale de Blois par rapport au triangle formé par les collèges catholiques de Paris, Poitiers et Le Mans, approuva sans réserve le projet et promit son appui auprès de l’Evêque et des vicaires généraux. Mais ces derniers, assez rétifs, s’avérèrent de sérieux détracteurs : M. Doré jugea l’entreprise trop téméraire ; M. Thoré se déclara opposé à une fondation arguant des difficultés administratives et financières ; Monseigneur Pallu du Parc, impressionné par leur attitude, resta dans l’hésitation.

Mais le secrétaire de l’Evêché, M. Venot, séduit par l’idée, usa de son influence pour décider "Sa Grandeur", c’est-à-dire l’Evêque. L’entreprise vit donc le jour et est immortalisée dans quelques lignes écrites par son fondateur, l’abbé Millet. Ce dernier, fait allusion, dans une prière à la Sainte Vierge, « Notre-Dame », à la création, en 1859, du patronage Notre-Dame des Aydes de Blois pour les apprentis et dont le but était d’occuper les jeunes pendant leur temps libre en leur proposant de « saines occupations » comme développer leurs capacités physiques.

Pélerinage à Notre-Dame des Aydes

« Le 30 juin 1868, résolu d’en finir, j’allai me jeter aux pieds de Notre-Dame des Aydes et je lui dis : « Bonne mère, vous nous avez aidés pour une autre œuvre, et vous avez trouvé un toit pour abriter chaque dimanche les jeux innocents, la foi et la vertu des jeunes ouvriers. Voudriez-vous laisser plus longtemps à une éducation sans Dieu les enfants des classes plus élevées, ces enfants qui, devenus des hommes, auront à diriger le pays ? Bonne mère, je retourne à Monseigneur et une dernière fois je lui demanderai d’ouvrir une école pour ces enfants qui, eux aussi, ont besoin de votre aide. Si, cette fois enfin, Monseigneur m’accorde ma demande, je vous promets que l’école portera votre nom : ce sera l’école Notre-Dame des Aydes. Je vous promets que ces enfants seront vôtres ; ils porteront vos livrées, vos couleurs, votre nom. Ils s’appelleront les enfants de Notre-Dame, et votre image, placée au frontispice de la maison, dira qu’elle est à vous ». Là-dessus, je me relevai plein de confiance, et, du même pas, je montai à l’Evêché. Je me jetai aux pieds du vénéré et bien-aimé Pontife, je lui renouvelai ma requête, et, comme par enchantement, tout me fut accordé.
 - Allez, me dit-il, et faites, je vous bénis, vous et la nouvelle Ecole. » (Mgr P. Verrier)

Bénédictions et inaugurations

L’école fut donc nommée « Notre-Dame des Aydes » : « Notre-Dame » par déférence à la Vierge ; « des Aydes » (avec la graphie « y » attestée en ancien français) pour les secours qu’elle apporte. Quelques jours plus tard, le 16 juillet, M. Millet, suivi d’une dizaine d’élèves, prit possession de la maison inhabitée et délabrée. Fort de la bénédiction de son Evêque et confiant en la divine Providence, ses angoisses disparurent et il restaura les lieux.

Cette maison, un ancien pensionnat de jeunes filles, avait été achetée par l’administration diocésaine avec l’intention d’en faire un lieu de retraite pour les prêtres infirmes. Comme il ne s’en présenta aucun, la maison fut inexploitée. L’évêché était donc disposé à se défaire de l’immeuble pour le vendre à M. Millet qui l’acquit au prix de 40 000 francs, portant intérêt à cinq pour cent.

La bénédiction solennelle de la maison eut lieu le 1er mai 1869. Au milieu d’une illumination brillante et d’une procession de professeurs et d’élèves de Saint-François, de Saint-Louis et de Notre-Dame, on inaugura la statue de la Vierge, précisément de Notre-Dame de Lourdes, qui devait présider aux jeux et qui se trouve actuellement sur la terrasse dans la cour de Première Division.
Quinze ans plus tard, on inaugura la
nouvelle chapelle qu’il fit construire. 
L’école Victor Dillard, dont le nom fut donné en l’honneur du Père jésuite, mort au camp de Dachau en 1945, fut rattachée au Collège de Notre-Dame-des-Aydes à la fin du XXe siècle. La biographie du personnage est disponible grâce au livre de Mgr P. Verrier publié en 2005.

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